Dans cette fiche
Une séparation est une étape de la vie qui amène son lot d’instabilité, d’inquiétudes et d’émotions diverses, tant chez les parents que les enfants ou ados. L’accompagnement qu’offriront les parents à leurs ados dans cette transition fera la différence dans leur adaptation à cette nouvelle réalité.
La clé d’une séparation la plus en douceur possible pour vos ados? Arriver, comme parents séparés, à faire équipe pour le bien-être de vos jeunes. Tout un défi lorsque vous vivez vous-mêmes personnellement les impacts de cette séparation.
Une séparation peut être particulièrement éprouvante, n’hésitez pas à demander de l’aide, tant pour vous que pour vos enfants ou vos ados.
Les impacts sur les ados de la séparation de leurs parents
Considérant que les ados sont moins dépendant·e·s que les enfants, on pourrait penser que la séparation de leurs parents les affecte moins. Ce n’est pas le cas! De base, l’adolescence est une période qui apporte son lot de stress et de changements. Les ados doivent donc déjà faire preuve d’adaptation tous les jours. Dans cette période mouvementée, ils et elles sont généralement rassuré·e·s par leur cadre familial connu, même s’il n’est pas toujours parfait. La séparation apporte ainsi de la turbulence dans leur vie déjà mouvementée.
Il n’existe pas qu’une seule façon de réagir et de s’adapter à la séparation de ses parents :
- Des ados pourront vivre de la colère, dirigée vers l’un ou l’autre des parents ou les deux;
- D’autres vivront de la tristesse;
- D’autres voudront prendre soin de leurs parents, surtout celui vivant plus difficilement la séparation;
- D’autres ados pourront avoir des difficultés de comportements : isolement, baisse de notes, agressivité, etc.;
- D’autres démontreront de l’indifférence, mais vivront leurs émotions intérieurement.
Il ne s’agit ici que de quelques réactions pouvant survenir chez les ados suite à la séparation de leurs parents. Ces émotions pourraient aussi être contradictoires. Ainsi, des jeunes pourraient ressentir de la joie face aux aspects de leur nouvelle vie tout en vivant de la colère envers le parent ayant décidé de la séparation. Surtout, leurs émotions évolueront au fil du temps et des événements.

Passer d’une relation de couple de parents à une relation coparentalité
La coparentalité, c’est la collaboration qu’établissent entre eux les parents séparés ou divorcés pour assurer le bien-être de leurs enfants.
Selon Timmermans et ses collègues (dans Cloutier, Filion et Timmermans, 2012), les fondements de la coparentalité sont :
- Croire que l’autre parent fait toujours de son mieux dans l’intérêt de ses enfants.
- Permettre aux jeunes de s’exprimer sur l’amour qu’ils ou elles ont pour l’autre parent.
- Entretenir une image de l’autre parent.
- Avoir une communication fonctionnelle par rapport aux enfants.
- Se consulter entre parents sur les grandes décisions concernant les jeunes : leur éducation, leur santé et autres orientations.
- Croire que l’autre parent est toujours le meilleur gardien possible de l’enfant en cas d’imprévus.
- Se partager les frais liés aux jeunes selon l’entente établie.
Plus les parents réussiront à collaborer en coparentalité, mieux se porteront les jeunes. Cela implique que les parents mettent de côté leurs émotions et leurs intérêts personnels au profit du bien-être des enfants. Pour y arriver, ça peut prendre du temps. Et il est possible aussi que vous ayez besoin d’aide. N’hésitez pas à consulter les ressources ici-bas.
Saviez-vous que…
Au Canada, en 2019, 18 % des enfants de 1 à 17 ans ont connu la séparation de leurs parents en cours de vie. On parle ici 1 185 700 enfants. Au Québec, la proportion grimpe à 23 %.
Être là pour son ado
Comme la séparation est une étape qui comporte son lot d’épreuves, d’autant plus si le couple a des enfants, n’hésitez pas à avoir recours à la médiation. La médiation apporte l’aide d’une personne neutre qui est accréditée comme médiatrice ou médiateur familial. Elle permet souvent de régler les questions liées à la garde des enfants et la séparation. Au Québec, des séances sont offertes gratuitement. Pour en savoir plus : Educaloi-la médiation.
Ressources et outils pratiques
1. Pour vous soutenir :
Ressources générales
Vous vivez une situation qui vous inquiète? Demandez de l’aide :
2. Pour en savoir plus :
- Être parents après la séparation : Construire une coparentalité sereine pour l’enfant Jacques Biolley (2012)
- Les enfants dans le divorce (2e édition) Agnes Zonabend (2011)
- Rester parents après la séparation Agnes Zonabend-Maduraud (2007)
- Parent au singulier : La monoparentalité au quotidien Claudette Guilmaine (2012)
- Vivre une garde partagée : une histoire d’engagement Claudette Guilmaine (2009)
- Divorce et famille recomposée : Mode d’emploi Chantal St-Hilaire (2005)
- Putting Children First : Proven parenting strategies for helping children thrive through divorce JoAnne Pedro-Carroll (2010).
3. Références :
- 2houses. (2013, 6 mai). La coparentalité, comment ça marche?
- Agence de la santé publique du Canada. (2016). Parce que la vie continue…. Aider les enfants à vivre la séparation et le divorce. Gouvernement du Canada.
- Cloutier, R., Filion, L. et Timmermans, H. (2012). Les parents se séparent. Mieux vivre la crise et aider son enfant. Éditions du CHU Sainte-Justine.
- Éducaloi. (2024). La médiation familiale en 6 étapes.
- Gouvernement du Canada. (2022, 21 décembre). Les programmes de participation et de soutien à l’intention des enfants dont les parents se séparent ou divorcent.
- Statistique Canada. (2022, 23 mars). Combien d’enfants au Canada ont vécu la séparation ou le divorce de leurs parents? Résultats de l’Enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes de 2019.
Cette fiche a été écrite avec la collaboration de :
- Élise Cadieux-Lynch, travailleuse sociale et agente de liaison avec les partenaires, Aire ouverte de Brossard, CISSS de la Montérégie-Centre
- Mélanie Camera, travailleuse sociale, Direction des programmes jeunesse et des activités de santé publique, CISSS de la Montérégie-Ouest
- Catherine Gélinas, travailleuse sociale et spécialiste en activités cliniques, Programme Famille et jeunes en difficultés, CISSS de la Montérégie-Centre
- Léa Giroux, responsable des loisirs et de la vie associative, La Croisée de Longueuil
- Isabelle St-Pierre, psychoéducatrice et spécialiste en activités cliniques, Direction des programmes jeunesse et des activités de santé publique, CISSS de Montérégie-Ouest
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